Temps de lecture : 3 min
Ce qu’il faut retenir
- Vainqueur individuel : Fabrice Martin et sa jument Idromel Noir*IFCE l’emportent avec 119,68 points, pour deux dixièmes devant Stefan Ulrich.
- Victoire par équipe : La Suisse devance la France de 10 points ; le Luxembourg complète le podium.
- Préparation : Ce CAIO 4* servait de répétition avant les championnats du monde à Munich, du 1er au 6 septembre 2026.
Un duel annoncé, tenu jusqu’au bout
Franchement, le CAIO 4* à un cheval du Haras du Pin, c’était le rendez-vous attendu de la saison. Depuis les premières épreuves, on savait que le duel entre la Suisse et la France serait serré. Les pronostiqueurs ne se sont pas trompés. Les deux nations se sont battues pendant trois jours, entre le dressage, le marathon et la maniabilité. Pour ma part, j’ai vécu ces moments avec passion, car l’attelage reste un art où le lien homme-cheval parle vraiment fort.
Le directeur technique national français, Lucas Ricard, l’a bien résumé : « Pour nous, c’est l’occasion de voir les meneurs et leurs chevaux dans une configuration proche de ce que nous rencontrerons lors des championnats du monde à Munich début septembre. » Bref, un vrai test grandeur nature.
Un trio en ordre de marche
Le sélectionneur avait choisi Anne-Violaine Brisou, Fabrice Martin et la n°1 mondiale, Marion Vignaud. Le trio démarrait fort : deuxième après le dressage, juste derrière la Suisse. Stefan Ulrich et Michael Barbey occupaient les deux premières places individuelles ; Fabrice Martin pointait en troisième position.
Marathon tenu au frais, suspense au maximum
Samedi matin, le marathon a gardé sa tête. Stefan Ulrich restait leader, suivi de son compatriote Mario Gandolfo – champion du monde individuel 2024. La France se tenait en embuscade, à moins de dix points (soit trois fautes sur la maniabilité). Les scores ultra-serrés promettaient une maniabilité palpitante. Le truc, c’est que le parcours conçu par Jacques Tamalet et Bruno Kempf a donné du fil à retordre. Vingt obstacles à franchir dans un temps très court : seuls Clément Deschamps et Brume de Chablis (cinquième final) sont repartis sans pénalité.
Fabrice Martin sur le fil !
Et c’est là que notre vainqueur a joué son va-tout. Fabrice Martin et sa jument Idromel Noir*IFCE n’ont cumulé que quelques secondes de dépassement. Résultat : 119,68 points, soit deux dixièmes de moins que Stefan Ulrich (119,81 avec 4,75 points de pénalité). En vrai, c’est un succès qui se joue sur un rien. Par équipes, la Suisse s’impose d’un peu plus de dix points devant la France. Le Luxembourg monte sur la troisième marche du podium.
« Rien n’est pénible pour Idromel »
Fabrice Martin, installé au Haras national du Pin, est revenu sur l’histoire de cette jument qui « dure depuis huit ans. Je l’ai connue petite, elle a grandi sous mes yeux. C’est une pouliche ‘made in IFCE’, née au Haras du Pin. Elle a simplement quitté l’Orne une semaine pour être testée à l’ENE et j’ai lutté pour la garder ici car elle devait revenir aux écuyers du Cadre noir de Saumur. C’est sa petite taille à 3 ans qui les a poussés à me la laisser. Depuis elle a grandi, est devenue championne du monde à 5 ans, a gagné le bronze à 6 ans, puis a été championne de France à 7 ans. Elle a gagné son premier international 3* il y a un mois, et aujourd’hui son premier 4*. C’est extraordinaire. Elle est douée pour les trois tests. Rien n’est pénible pour elle. » Pour tout vous dire, j’aime entendre ce genre de récits, où le respect de l’animal et la passion parlent plus que le bling-bling.
Fabrice ajoute : « J’avais prévu de courir une saison qualitative et non quantitative, et ce n’est que son troisième concours de l’année. À Kronenberg (NED), il y avait encore quelques réglages à faire. À Saumur, elle a été incroyable. Ici, elle a répété. » Bref, une préparation exemplaire avant les Mondiaux de Munich.
Vers Munich avec confiance
Pour les Bleus, ce CAIO 4* au Haras du Pin est un bilan très positif. Ils peuvent désormais préparer sereinement les championnats du monde qui auront lieu à Munich (GER) du 1er au 6 septembre. En vrai, je leur souhaite de retrouver cette complicité qui fait la force du couple meneur-cheval.
Résultats par équipes : via ce lien. Résultats individuels : par ici.

Passionné d’équitation depuis plus de 25 ans, ancien agriculteur du Sud-Ouest ayant grandi entouré de chevaux de trait. Spécialisé en attelage mais cavalier polyvalent, j’ai troqué les concours pour la transmission. Sur AttelageTarnais, je partage ma passion pour le monde équestre dans toute sa diversité : attelage, équitation de loisir, traditions rurales.
