L’alimentation du cheval représente l’un des piliers fondamentaux de sa santé et de ses performances. Que vous soyez propriétaire débutant ou cavalier expérimenté, maîtriser les principes nutritionnels équins peut transformer la vie de votre compagnon. Dans ce guide exhaustif, nous explorons tous les aspects de la nutrition équine, des besoins de base aux stratégies pour faire grossir un cheval maigre, en passant par la composition d’une ration parfaitement équilibrée.
Comprendre les Besoins Nutritionnels Fondamentaux du Cheval
Le cheval est un herbivore monogastrique dont l’anatomie digestive particulière influence directement ses besoins alimentaires. En liberté, il broute naturellement 16 heures par jour, recherchant instinctivement les herbes qui correspondent à ses besoins physiologiques. Cette donnée éclaire parfaitement pourquoi nos chevaux domestiques nécessitent une attention particulière en matière d’alimentation.
Les besoins énergétiques varient considérablement selon plusieurs facteurs : l’âge, le poids, l’intensité du travail et l’état corporel. Un cheval de selle de 500 kg au repos nécessite environ 16 Mcal d’énergie digestible par jour, tandis qu’un cheval en compétition intensive peut avoir besoin de 26 à 30 Mcal quotidiennement.
Les Macronutriments Essentiels
L’alimentation équine repose sur trois macronutriments principaux. Les fibres constituent la base absolue : elles maintiennent l’équilibre digestif et représentent 50 à 70% de la ration totale. Les protéines, souvent surestimées, ne devraient représenter que 8 à 14% de l’alimentation selon l’activité. Les besoins protéiques augmentent avec la taille et l’intensité du travail, mais un excès peut avoir des effets néfastes sur le métabolisme.
Que Mange le Cheval : Décryptage des Aliments de Base
La diversité alimentaire du cheval moderne s’articule autour de plusieurs catégories d’aliments, chacune ayant son rôle spécifique dans l’équilibre nutritionnel. Comprendre cette palette alimentaire vous permettra de composer des rations adaptées à chaque situation.
Les Fourrages : Fondement de l’Alimentation Équine
Le foin de qualité constitue l’aliment de référence. Un bon foin de prairie doit présenter une couleur verte, une odeur agréable et une absence totale de poussière ou de moisissure. Le foin de légumineuses (luzerne, trèfle) offre une richesse protéique supérieure, particulièrement adaptée aux juments gestantes ou aux chevaux en croissance.
Il faut privilégier le foin par rapport à la paille, dont la valeur nutritive reste faible. L’herbe fraîche, quand elle est disponible, représente l’aliment le plus naturel et digestible pour le cheval.
Les Céréales et Concentrés
L’avoine demeure la céréale traditionnelle par excellence : facilement digestible, elle apporte énergie et vitalité sans surcharger le système digestif. L’orge, plus énergétique, convient aux chevaux ayant des besoins caloriques élevés mais doit toujours être préparée (concassée, floconnée ou cuite) pour optimiser sa digestibilité.
Les aliments composés industriels offrent une solution pratique et équilibrée. Ces mélanges scientifiquement formulés intègrent vitamines, minéraux et oligoéléments essentiels, garantissant un apport nutritionnel complet.
Aliments pour Faire Grossir un Cheval : Stratégies Nutritionnelles
La prise de poids chez le cheval nécessite une approche méthodique et progressive. Contrairement aux idées reçues, il ne suffit pas d’augmenter aveuglément les quantités : la qualité et la digestibilité des aliments priment sur la quantité brute.
Identifier les Causes de la Maigreur
Avant toute modification alimentaire, un examen vétérinaire s’impose pour éliminer les causes pathologiques : parasitisme, troubles dentaires, ulcères gastriques ou maladies métaboliques. Une fois ces facteurs écartés, la stratégie nutritionnelle peut commencer.

Les Aliments Riches et Digestibles
L’huile végétale représente l’ajout calorique le plus efficace : 100 ml d’huile de tournesol apportent environ 900 kcal, soit l’équivalent de 2 kg d’avoine en termes énergétiques. La pulpe de betterave, riche en fibres digestibles, stimule l’appétit tout en apportant des calories facilement assimilables.
Les graines de lin, riches en oméga-3, améliorent l’état de la peau et du poil tout en contribuant à la prise de poids. Le foin de luzerne, particulièrement nutritif, constitue un excellent fourrage pour les chevaux maigres.

Programme de Reprise d’État Progressif
La première semaine doit se concentrer sur l’amélioration de la digestibilité avec des fourrages de première qualité distribués en petites quantités fréquentes. La deuxième semaine permet d’introduire progressivement les concentrés énergétiques. L’augmentation calorique ne doit pas dépasser 10% par semaine pour éviter les troubles digestifs.
Composer une Ration Équilibrée : Méthodologie Pratique
L’élaboration d’une ration équilibrée suit une logique précise qui prend en compte tous les paramètres individuels de votre cheval. Cette approche systémique garantit un apport nutritionnel optimal sans déséquilibre.
Calcul des Besoins Individuels
Le calcul commence par l’estimation du poids vif, soit par pesée directe, soit par la formule du tour de sangle : Poids = (tour de sangle³ × 80) / 1000. Les besoins d’entretien représentent la base : 1,4 à 1,7% du poids vif en matière sèche pour un cheval au repos.
Règles de Distribution
La règle des 2% maximum de concentrés par repas évite les surcharges digestives. L’estomac du cheval ne peut contenir que 15 à 18 litres : des repas trop volumineux perturbent la digestion et favorisent les coliques. L’eau doit être disponible en permanence, un cheval buvant 20 à 40 litres par jour selon la température et son activité.
Alimentation Spécialisée selon l’Activité et l’Âge
Chaque cheval présente des besoins nutritionnels spécifiques selon son statut physiologique et son niveau d’activité. Cette personnalisation de l’alimentation optimise santé et performances.
Le Cheval de Sport : Nutrition Performance
Le cheval athlète nécessite un apport énergétique majoré de 20 à 80% selon l’intensité de l’entraînement. Les glucides à absorption rapide (avoine, orge) fournissent l’énergie immédiate, tandis que les lipides soutiennent l’effort prolongé. Un cheval de 500 kg en entraînement intensif nécessite 860 à 1000 g de protéines quotidiennement.
Juments Gestantes et Allaitantes
Les besoins énergétiques augmentent de 11% dès le 9ème mois de gestation, puis de 90% en début de lactation. Le calcium et le phosphore doivent être particulièrement surveillés : un ratio Ca/P de 1,2 à 2 pour 1 maintient l’équilibre squelettique.
Poulains et Jeunes Chevaux
La croissance exige une attention particulière aux protéines de qualité (14 à 16% de la ration) et aux minéraux. Le sevrage progressif permet une transition alimentaire douce vers une alimentation solide équilibrée.
Complémentation et Micronutriments
Les vitamines et minéraux, bien qu’en petites quantités, jouent des rôles cruciaux dans le métabolisme équin. Une complémentation raisonnée comble les carences potentielles des aliments de base.
Vitamines Essentielles
La vitamine A, issue des carotènes de l’herbe fraîche et du foin vert, maintient la santé oculaire et la reproduction. Les vitamines du groupe B, généralement synthétisées par la flore intestinale, peuvent nécessiter un apport externe lors de stress ou d’antibiothérapie. La vitamine E, antioxydant majeur, protège les membranes cellulaires, particulièrement chez les chevaux de sport.
Équilibre Minéral
Le calcium et le phosphore structurent le squelette : un déséquilibre provoque des troubles osseux graves. Le magnésium influe sur l’excitabilité neuromusculaire, son déficit générant nervosité et crampes. Le sélénium, oligoélément trace, participe aux défenses antioxydantes naturelles.
Prévenir les Troubles Digestifs par l’Alimentation
Les pathologies digestives représentent la première cause de mortalité équine. Une alimentation préventive réduit drastiquement ces risques mortels.
Prévention des Coliques
Les coliques résultent souvent d’erreurs alimentaires : repas trop volumineux, changements brutaux, aliments fermentés ou ingestion de sable. La régularité des horaires, la qualité irréprochable des aliments et les transitions progressives constituent les meilleurs préventifs.
Gestion des Ulcères Gastriques
L’estomac du cheval sécrète continuellement de l’acide gastrique. Des périodes de jeûne prolongées exposent la muqueuse gastrique à ces sécrétions agressives. Une distribution fréquente de fourrage tamponne naturellement l’acidité gastrique.

Saisonnalité et Adaptation Alimentaire
Les besoins nutritionnels évoluent selon les saisons, nécessitant des ajustements alimentaires pour maintenir l’équilibre corporel et la santé optimale.
Alimentation Estivale
L’herbe jeune de printemps, très riche en protéines et sucres, peut provoquer des diarrhées ou des fourbures chez les chevaux sensibles. Une transition progressive du foin à l’herbe évite ces désagréments. L’été impose une vigilance hydrique accrue et parfois une supplémentation en électrolytes.
Préparation Hivernale
Le froid augmente les besoins énergétiques de maintenance de 2,5% par degré en dessous de 5°C. Un état corporel légèrement supérieur à l’automne constitue une réserve énergétique bienvenue pour affronter l’hiver.
Questions Fréquentes sur l’Alimentation du Cheval
Combien de fois par jour faut-il nourrir un cheval ?
L’idéal consiste en 3 à 4 repas quotidiens pour respecter la physiologie digestive équine. L’estomac du cheval étant petit, des repas fréquents et modérés optimisent la digestion et préviennent les troubles gastriques. Le fourrage peut être distribué plus librement, idéalement en accès quasi-permanent.
Quels aliments sont toxiques pour les chevaux ?
Plusieurs aliments courants présentent des dangers mortels : les pommes de terre crues (solanine), l’avocat (persine), le chocolat (théobromine), et les fruits à noyaux en grande quantité (acide cyanhydrique). Les plantes ornementales comme le laurier-rose, l’if ou la digitale sont également mortellement toxiques.
Comment savoir si mon cheval mange suffisamment ?
L’évaluation de l’état corporel selon l’échelle de 1 à 9 (note idéale : 5-6) reste la référence. Un cheval bien nourri présente des côtes palpables mais non visibles, une croupe arrondie et un dos sans creux marqué. Le poids stable et le comportement énergique confirment une alimentation adéquate.
Peut-on donner des fruits et légumes aux chevaux ?
Les carottes et pommes constituent d’excellentes friandises riches en vitamines. Les betteraves, navets et courges sont également appréciés. Attention aux quantités : maximum 2-3 pommes ou carottes par jour pour éviter les déséquilibres digestifs. Lavez toujours les fruits et retirez les noyaux ou pépins.
Combien d’eau un cheval boit-il par jour ?
Un cheval adulte consomme 20 à 40 litres d’eau quotidiennement selon la température, son activité et la nature de son alimentation. L’herbe fraîche réduit les besoins hydriques, contrairement aux foins secs et concentrés. L’eau doit être propre, fraîche et disponible en permanence.

Passionné d’équitation depuis plus de 25 ans, ancien agriculteur du Sud-Ouest ayant grandi entouré de chevaux de trait. Spécialisé en attelage mais cavalier polyvalent, j’ai troqué les concours pour la transmission. Sur AttelageTarnais, je partage ma passion pour le monde équestre dans toute sa diversité : attelage, équitation de loisir, traditions rurales.
