Acétamipride : un pesticide interdit qui divise agriculteurs et scientifiques

Temps de lecture : 6 min

Points clés à retenir

  • Environnement et santé : l’acétamipride, interdit pour ses effets persistants, pourrait être réautorisé temporairement, ravivant l’inquiétude des chercheurs et des écologistes.
  • Contexte politique : la loi d’urgence agricole de 2026, voulue pour répondre aux mobilisations, sert de cheval de Troie à cette réautorisation polémique.
  • Conséquences concrètes : au-delà des champs, les pesticides menacent les écosystèmes, les chevaux au pré et les savoir-faire paysans que je défends.

Une histoire qui sent le réchauffé

Franchement, quand j’ai vu le titre passer sur mon fil d’actualité, j’ai soupiré. Pas possible, encore cette histoire d’acétamipride ? Le gouvernement a déjà tenté en 2025 de le réautoriser avec la fameuse loi Duplomb, mais le Conseil constitutionnel l’avait censurée. On se croyait tranquilles pour un moment. Et voilà qu’en ce mois de juin 2026, le Sénat rouvre le dossier dans le cadre de la loi d’urgence agricole. Pour tout vous dire, ça m’agace un brin.

Le truc, c’est que ce pesticide interdit en France depuis plusieurs années continue d’être utilisé dans le reste de l’Union européenne. Du coup, les agriculteurs qui l’emploient chez nos voisins estiment qu’ils sont en concurrence déloyale. Je comprends leur colère, vraiment. Mais en vrai, est-ce qu’on va résoudre un problème de compétitivité en remettant en circulation un produit qui menace la santé des sols, des insectes pollinisateurs et, à terme, des hommes ?

A Lire également  Alimentation du cheval de compétition vs de loisir : adapter la ration selon l'usage

Pourquoi ce débat me touche en tant que passionné de chevaux

Je ne suis pas agriculteur, je suis éleveur de chevaux de trait et cavalier d’attelage. Mais je vois les effets de ces produits tous les jours. Un pré où l’herbe est traitée aux pesticides, c’est un pré où les poulains risquent de téter une herbe contaminée. Les chevaux passent une grande partie de leur temps au pâturage ; ils ingèrent sans le savoir des résidus chimiques. J’ai déjà perdu un poulain, il y a des années, à cause d’un désherbant mal utilisé par un voisin. Depuis, je suis chatouilleux sur ces questions.

Les défenseurs de l’acétamipride disent qu’il est moins nocif que d’autres pesticides, et qu’à faible dose, il n’y a pas de risque. Mais le principe de précaution, ça compte pour du beurre ? Les abeilles, les oiseaux, les petits mammifères… tout cela forme un écosystème dont les chevaux font partie. En tapant dans l’équilibre fragile des haies et des prairies, on tape indirectement sur la santé de nos montures. Bref, c’est une chaîne.

Le fond du problème : une loi d’urgence bâclée

Ce qui m’agace le plus, c’est la manière dont on fait passer ce genre de dispositions en douce. La loi d’urgence agricole de 2026 avait un objectif louable : répondre aux mobilisations des agriculteurs, leur donner des solutions rapides pour faire face à la crise. Mais on en profite pour glisser un amendement sulfureux qui dépasse largement le cadre initial. Pour tout vous dire, c’est un classique du genre : un texte fourre-tout où chacun essaie de faire passer ses poulains boiteux.

A Lire également  Vaccinations et Maladies Contagieuses du Cheval : Guide Complet pour l'Attelage

Le sénateur Duplomb, agriculteur lui-même, défend bec et ongles cette réautorisation. Il argue que les agriculteurs français ont besoin de ce produit pour rester compétitifs. Certes. Mais à quel prix ? Les scientifiques montent au créneau pour rappeler que l’acétamipride est un insecticide neurotoxique qui persiste dans les sols et les eaux. Et le Conseil constitutionnel l’avait déjà censuré, faute d’encadrement suffisant. On récidive ? Pas très malin.

Le vrai combat : une agriculture de bon sens

Moi, je viens d’un milieu agricole, je connais la pression que subissent les paysans. Mais je crois qu’on passe à côté du véritable enjeu. Plutôt que de se battre pour un pesticide au rabais, pourquoi ne pas investir massivement dans les alternatives ? Les pratiques agroécologiques, la rotation des cultures, les auxiliaires naturels… tout cela existe et fonctionne. Ce n’est pas un doux rêve d’écolo en sandales, c’est du concret. J’ai des copains maraîchers qui n’utilisent quasiment plus de produits chimiques et qui s’en sortent très bien, même financièrement.

Et du côté des chevaux, on a aussi notre rôle à jouer. Les centres équestres et les éleveurs peuvent montrer l’exemple en adoptant une gestion naturelle de leurs pâturages. Choisir des semences rustiques, éviter les intrants, favoriser la biodiversité… Ce sont des gestes qui paraissent petits mais qui, mis bout à bout, font une vraie différence. En vrai, c’est aussi une question de transmission : quel héritage on laisse aux générations futures ? Un sol empoisonné ou une terre vivante ?

Un débat qui n’est pas près de s’éteindre

Le gouvernement a pour l’instant indiqué que la réintroduction de l’acétamipride ne figurerait pas dans le texte final. Mais on connaît la musique : les amendements de dernière minute, les tractations de couloir… Rien n’est joué. En attendant, les scientifiques alertent, les associations environnementales manifestent, et les agriculteurs, eux, ne savent plus où donner de la tête.

A Lire également  Equest Vermifuge : Guide Complet, Dosage et Efficacité pour votre Cheval en 2026

Pour tout vous dire, j’aurais préféré vous parler d’un sujet plus joyeux, comme l’art du harnachement ou les joies d’une randonnée en attelage. Mais ce débat est important. Si on laisse passer ça, où s’arrêtera-t-on ? Bref, je ne suis pas du genre à crier sur les toits, mais sur ce coup-là, je tire la sonnette d’alarme. Protégeons nos campagnes, nos chevaux, et notre santé. C’est une question de bon sens, un point c’est tout.