Spectacle équestre : devenir artiste avec son corps

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Points clés à retenir

  • Expression : En vrai, le spectacle commence par le cavalier. Il faut exister sur la piste, pas juste y être.
  • Échauffement : Le truc, c’est de connecter le cerveau et les muscles avant de monter. C’est la base d’une bonne réactivité.
  • Présence : Pour tout vous dire, les paillettes ne font pas tout. C’est l’émotion et le regard qui captent le public.

L’artiste, c’est d’abord vous

Franchement, on parle souvent du cheval dans un spectacle, mais on oublie trop vite l’humain à ses côtés. Pour moi, ancien de la voltige et de l’attelage, la première scène à travailler, c’est celle du cavalier lui-même. Avant de demander quoi que ce soit à sa monture, il faut apprendre à maîtriser son propre corps, à l’exprimer. Bref, à devenir un artiste. Je me souviens de préparations de fêtes de club, où l’on passait des heures à répéter nos postures, nos déplacements, bien avant de faire entrer les chevaux. C’est ce fondement, souvent négligé, qui fait toute la différence entre un numéro et un vrai moment d’émotion.

Premier pas : l’échauffement, une connexion essentielle

En vrai, on ne monte pas à froid sur un cheval, alors pourquoi son propre corps n’aurait-il pas besoin de se mettre en route ? Le truc, c’est que cet échauffement n’est pas qu’une question de muscles. C’est une mise en relation du mental et du physique. Quelques minutes de talons-fesses, de montées de genoux, ça réveille tout le système. Ça élève la température, oui, mais surtout ça aiguise la réactivité. Quand j’étais plus jeune et que je participais à des concours, ces trois à sept minutes de préparation solo étaient sacrées. Elles permettaient de « connecter les neurones », comme on dit, et d’être pleinement présent à ce qui allait suivre. C’est la base pour ensuite comprendre son corps dans l’espace et lui demander des choses précises, comme bouger un épaule indépendamment du bras.

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Deuxième étape : habiter l’espace scénique

Pour tout vous dire, entrer sur une piste ou une carrière, c’est comme entrer sur scène. Il y a une frontière invisible à franchir. La première chose à faire, c’est de délimiter cet espace et de s’y imposer. Pas avec arrogance, mais avec présence. Redresser le menton, prendre une grande respiration qui gonfle la cage thoracique, et se déplacer avec cette conscience-là. Loin de moi l’idée du « bling-bling » et des poses théâtrales creuses. Non, je parle d’une attitude juste, qui dégage quelque chose. En attelage, quand on entre en lice pour une reprise, toute la posture du meneur compte. Le public, et les juges, le sentent immédiatement.

Ensuite, vient le travail de dissociation. Bouger les épaules, puis les coudes, les poignets, les jambes… Prendre conscience de chaque segment. C’est un exercice que je faisais souvent avec des groupes : une personne au centre guide un mouvement, et les autres suivent. Ça apprend à être à l’écoute, à proposer des choses avec le regard et la gestuelle. Car en spectacle, il y a du monde partout, il faut avoir ce regard qui porte, qui englobe, qui crée la connexion.

Le secret : l’émotion avant la technique

Le truc, c’est que la technique équestre, aussi parfaite soit-elle, ne suffit pas à toucher les gens. Franchement, ce qui reste en mémoire après un spectacle, c’est un sentiment, une image chargée d’émotion. Il faut donc savoir exprimer avec son visage : la joie, la concentration, la surprise, la tendresse. Pas besoin de grimaces, juste de vérité. C’est ça, le « petit quelque chose en plus » qui dépasse la performance. C’est ce lien invisible qui se crée entre l’artiste et le public, et qui, en réalité, passe aussi par le cheval, plus sensible que quiconque à notre état intérieur.

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Bref, monter un spectacle, c’est une aventure formidable qui vous pousse à vous dépasser, pas seulement en selle. C’est un travail sur soi, un apprentissage de la présence et de l’expression. Une belle leçon d’humilité et de patience, finalement, où l’on découvre que le premier cheval à apprivoiser, c’est souvent soi-même.